L'avis tranché de Brigitte Lahaie sur l'affaire Bruel
Brigitte Lahaie est inquiète pour l'avenir des relations amoureuses entre femmes et hommes.
Alors qu'elle était reçue dans l'émission Le Buzz TV du Figaro pour présenter son ouvrage, 50 nuances de bonheur (Fayard), l'animatrice de Sud Radio a été interrogée sur les démêlés de Patrick Bruel avec la Justice, accusé par des dizaines de femmes de viols, violences sexuelles et harcèlement sexuel.
« #MeToo, c'est formidable. Je pense que c'est très, très bien. C'est la première fois dans l'humanité qu'on dit qu'une femme n'est pas toujours consentante, ce qui est vrai. Moi je n'ai pas toujours été consentante. Mais comme dans toute révolution, il y a des excès », précise-t-elle.
De son point de vue, enfermer les femmes dans le statut de « victimes », c'est les priver de leur « liberté ». « Si vous êtes une victime - alors on peut, à un moment donné, reconnaître qu'on a été victime, ça c'est sûr -, mais si vous restez victime, vous ne pouvez pas être libre. Ce que je trouve très grave, c'est qu'on remette la femme dans des positions de victimes et ça arrange bien des hommes, d'ailleurs », souligne Brigitte Lahaie.
Sans remettre en cause la parole des femmes, l'ancienne actrice de films de charme insiste auprès du Figaro sur la présomption d'innocence, dans le cas précis de l'affaire Bruel.
« Elles sont peut-être bien victimes et je ne pense pas que Patrick Bruel soit un prince charmant. Mais il y a une vérité et une autre vérité : laissons faire la justice. La présomption d'innocence est vraiment mise en danger dans ces situations », dit-elle avant d'ajouter à propos du chanteur et comédien : « On le tue médiatiquement avant même qu'il soit déclaré coupable ».
La septuagénaire, qui a connu la période de la « libération sexuelle » des années 1970, reconnaît qu'il faut « peut-être en passer par là », mais elle se préoccupe également de la tournure que prennent les relations hommes/femmes dans le cadre des rencontres et de la sexualité. La femme de radio, qui a une libre antenne sur les questions de sexualité depuis plus de quinze ans, ne peut s'empêcher de s'indigner. « Je trouve que quand on voit la génération Z, où les jeunes hommes n'osent plus séduire, je dis bien séduire, je ne parle même pas de draguer, et que les jeunes femmes considèrent qu'elles n'ont plus besoin d'homme, je ne sais pas où on va », dit-elle.
S'appuyant sur des conceptions de la différence genrée d'appréhension de la sexualité que récusent la plupart des féministes et de nombreux psychiatres, Brigitte Lahaye conclut : « On a raté la libération sexuelle, parce qu'on a tout de suite mis le sexe en avant, alors qu'il fallait d'abord expliquer ce que c'était que la sexualité. La sexualité, ce n'est pas du sexe. La sexualité, c'est une rencontre entre deux êtres qui essaient de s'adapter sexuellement. Et pour ça, il fallait comprendre qu'un homme et une femme, c'est totalement différent. Les hommes sont dominés par une pulsion, les femmes par le désir. Pulsion et désir, ça n'a rien à voir. »
Lors de cet entretien, on ne savait pas encore que Patrick Bruel serait mis en garde à vue pendant 48 heures, ni que le chanteur de 67 ans serait mis en examen par le parquet « pour des faits de viols, tentatives de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur neuf victimes, commis entre 2010 et 2019 », ni qu'il serait déféré devant trois juges pour examiner son placement en détention provisoire. Si les juges décident de cette solution, ils saisiront alors un juge des libertés et de la détention (JLD). L'alternative pourrait être un placement sous contrôle judiciaire ou une assignation à résidence avec surveillance électronique.
Patrick Bruel a une nouvelle fois nié « toute infraction pénale » et « tout acte contraint », rapporte BFMTV. Il peut faire appel de la décision sous dix jours, mais s'il est placé en détention provisoire, il y restera le temps de l'examen de l'appel en référé.

